martedì 23 ottobre 2007

Trois hommes pendus en public pour le viol d'une femme en Iran





Trois hommes ont été pendus en public pour le viol d'une femme, dimanche à Saveh, au sud-ouest de la capitale iranienne Téhéran, rapporte l'agence de presse officielle Irna.
Selon Amnesty International, le nombre d'exécutions a doublé l'an dernier en Iran, passant à au moins 177. L'Union européenne et les ONG occidentales des droits de l'homme ont critiqué la série de pendaisons intervenues en Iran au mois de juillet.
La police a arrêté des dizaines de drogués, de trafiquants, de violeurs et de meurtriers cet été dans le cadre d'une opération de répression des crimes et des "comportements immoraux".
Au moins 34 personnes ont été exécutées depuis la mi-juillet, dont bon nombre en public, comme le 2 août avec la pendaison à Téhéran de deux hommes reconnus coupables du meurtre d'un magistrat qui avait jeté en prison des dissidents réformistes.
Avant les pendaisons du mois dernier, Amnesty avait fait état d'au moins 124 exécutions depuis le début de l'année. En se fondant sur ces chiffres, on en déduit que plus de 150 personnes ont été mises à mort depuis le 1er janvier en Iran.

IRAN : Les femmes victimes d’une justice lapidaire



15 aout 2004. Dans la rue principale de Neka, le corps d'Atafeh Rajabi balance, suspendu dans la chaleur de l'été perse, pendu à la grue d'un camion, sa potence. A ses pieds, Haji Reza est là qui a tenu en personne à passer la corde au coup de "l'insolente" qui, trois mois plus tôt, avait osé l'affronter dans son tribunal. Atafeh avait tout juste 16 ans. Trop pauvre pour payer un avocat, elle s'était retrouvée seule devant le juge qui l'accusait une sixième fois "d'actes incompatibles avec la chasteté". Jusque là, ses rapports sexuels répétés avec des époux infidèles lui avaient valu d'être fouétée et jetée en prison. Cette fois-ci, seule devant le tribunal, elle avait relevé la tête et rétorqué au juge qu'il ferait mieux de "punir l'auteur de l'acte sexuel plutôt que sa victime". Puis elle avait commencé à se dévêtir. Fou de rage, le juge Haji Reza fit tout pour que "l'impie" soit exécutée le plus vite. Le 15 aout, il prononce lui même l'ordre de mort qui enclenche le moteur de la grue...


Justice exemplaire

Chaque année des centaines d'hommes et de femmes sont exécutés en Iran. Leur nombre est impossible à déterminer avec précision; comme la Chine, la République islamique se refuse à communiquer des chiffres sur le sujet. Les observateurs s'attachent à recueillir les témoignages de pendaisons publiques et à éplucher la presse et les médias d'Etat qui rendent compte de ces exécutions "pour l'exemple". Dans son rapport 2004, Amnesty International estimait au moins à 108 le nombre de personnes exécutées. On peut sans grand risque d'erreur, multiplier ce chiffre par 2. Car le régime de Téhéran use de la peine de mort comme d'une arme de maintien social et de répression politique. Les images d'alignement de corps pendus au crochet des grues sont censées marquer les consciences et maintenir la morale.


"Défendre la pureté de la femme"

Les femmes font particulièrement les frais de l'idéologie patriarcale imposée par les successeurs du Shah. Selon un rapport publié par l'organisation "Women against execution in Iran", plus de 2000 femmes auraient été exécutées entre juin 1981 et octobre 1990. L'organisation disposerait d'une liste de 1428 noms parmi lesquelles figurent 187 mineurs dont une dizaine âgées de moins de 13 ans. Pour Azadeh Kian Thiebaut, spécialiste au CNRS de la société Iranienne, "Les femmes sont bien souvent plus lourdement punies car les juges estiment qu'en allant contre la loi, elles ternissent l'image de pureté de la femme musulmane". Face à l'adultère, la population féminine est particulièrement fragile. Si le mari peut invoquer le mariage temporaire, qui lui permet de contracter une relation "officielle" qui peut aller de quelques minutes à 99 ans avec n'importe quelle femme, l'épouse accusée d'adultère finira au mieux sous le fouet du juge, au pire au crochet d'une grue. Car en Iran, l'infidélité est un crime passible de la peine de mort.


Lapidées

Le 20 décembre 2004, les juges ont accordé un nouveau sursis à exécution à Hajieh Esmailvand. Condamnée mort pour une relation adultérine avec un garçon de 17 ans, la jeune fille avait vu en novembre 2004 sa condamnation à la pendaison "commuée" en lapidation. Elle devait être lapidée jusqu'à ce que mort s'ensuive le 21 décembre 2004. On est aujourd'hui sans nouvelle d'Hajieh. Parce qu’elle sanctionne principalement l’adultère, la lapidation touche particulièrement les femmes. Malgré un édit condamnant son usage et une vive critique de l'ex-président l'ayatollah Akbar Hashemi Rafsanjani, "cette pratique arriérée" de la mort par la pierre semble être encore en vigueur dans bon nombre de zones rurales du pays. Le condamné est enterré dans le sol jusqu'à la taille, pour les hommes, et jusqu'au dessus de la poitrine pour les femmes. Les pierres sont alors jetées par des fonctionnaires ou par la foule qui assiste à l'exécution.


Condamnées

D'après plusieurs sources concordantes, il y aurait actuellement dans les couloirs de la mort iraniens une quinzaine de femmes en attente de leur exécution. Treize d'entre elles ont pu être identifiées par Richard Clark. Cet ingénieur britannique observe depuis six ans la presse nationale et internationale pour recenser les cas de condamnations à mort, notamment en Iran. - Kobra Rahmanpour, 22 ans, condamnée pour le meurtre de sa mère. - Najmeh Vosouq-Razavi, étudiante en droit. - Hajiyeh Esma'eilvand, 30 ans, condamnée à la lapidation pour adultère. - Mandana Nikkhou. - Shahla Jahed, 28 ans, condamnée pour le meurtre de la femme de son amant. - Faeze A. - Fatemeh Haghighat-Pajou, 33 ans, condamnée pour l'assassinat de son époux qui lui avait enlevé sa fille. - Leyla Mafi, 18 ans, condamné pour atteinte à la morale. - Sara. - Zahra, condamnée pour meurtre. - Raheleh condamnée en 2004 pour meurtre et vol. - Tayyebeh. - Shahnaz, 35 ans. - Zhila Iazadi, agée de 13 ou 14 ans, condamnée à la lapidation pour inceste avec son frère de 15 ans dont elle serait enceinte.


« L’islam n’est pas hostile aux femmes »

Zhila Iazadi aurait cependant vu sa peine commuée en perpétuité après l'intervention de Shirin Ebadi, qui a porté l'affaire sur la scène internationale lors d'une tournée dans les pays scandinaves. L'avocate, prix Nobel de la paix 2003 mène son combat à l'international mais aussi auprès des femmes de Téhéran. Elle affronte les mollahs sur son terrain : le juridique. " Les femmes iraniennes sont terrorisées. Nous sommes confrontées à des lois discriminatoires ainsi qu'aux violences domestiques. Ces lois constituent le principal problème. Si elles étaient équitables, la violence diminuerait. C'est pourquoi nous accordons la priorité au combat contre les textes discriminatoires. " déclare la militante des droits de la femme au magazine AmnestyNytt . Pour Sherin Ebadi la femme a sa place dans l'Islam. Ce qu'elle dénonce avant tout, c'est l'interprétation patriarcale faite par les autorités iraniennes. " Nous nous efforçons de démontrer que l'Islam n'est pas hostile aux femmes. Nous vivons dans une culture patriarcale opposée aux femmes et dominée par une interprétation incorrecte de l'Islam. Vous savez, la plupart des hommes dénonceraient toute interprétation féministe, mais ce n'est pas important, nous devons poursuivre notre action même si cela nous met en danger. Nous devons relever le défi, je sais que ce ne sera pas facile, mais c'est notre tâche. ", confie-t-elle en décembre 2004 à Ina Tin, rédactrice en chef du magazine de la section néerlandaise d'Amnesty International. A l'approche des élections présidentielles de Juin 2005, le régime de Téhéran s'est encore durci. Le 14 février, Shirin Ebadi a vivement condamné l'attitude des autorités et accusé la justice iranienne de tout faire pour empêcher les avocats des Droits de l'Homme de défendre les prisonniers politiques. Quelques jours auparavant, la porte parole spéciale de l'ONU sur les violences à l'égard des femmes avait dénoncé la violence psychologique, sexuelle et physique dont est victime la population féminine. De retour d'une mission à Téhéran, la rapporteure Yakin Ertürk, a rappelé notamment le sort fait aux femmes victimes de viol : " En raison des règles existantes, si le viol ne peut être prouvé, une femme peut être punie pour relations illégitimes. En outre, une femme qui tue son violeur en état de légitime défense peut être condamnée à mort ". Au mois de janvier, le parlement européen prenait une nouvelle résolution par laquelle il condamnait "vigoureusement" l'exécution de "jeunes délinquants, de femmes enceintes et de personnes handicapées mentales et demandait "aux autorités iraniennes d'apporter la preuve qu'elles appliquent le moratoire annoncé sur la lapidation". Une de plus. Depuis le début de l'année, 5 femmes au moins ont été condamnées à mort sur le territoire persan.


Emmanuel Maistre

lunedì 22 ottobre 2007

Les Nations Unies et les droits des femmes

Lors de la création des Nations Unies, en 1945, la lutte pour l’égalité entre les sexes était balbutiante. Seuls trente, des cinquante et un premiers Etats Membres de l’Organisation, accordaient aux femmes les mêmes droits de vote qu’aux hommes, ou les autorisaient à travailler dans l’administration publique. Néanmoins, les rédacteurs de la Charte des Nations Unies, prévoyants, firent délibérément mention de «l’égalité des droits entre les hommes et les femmes»,lorsqu’ils déclaraient la foi (des Nations Unies) en les droits de l’homme ainsi que la dignité et la valeur de la personne humaine. Aucun document légal international n’avait auparavant affirmé avec une telle vigueur l’égalité de tous les êtres humains, ou n’avait considéré la différence de sexe comme motif possible de discrimination. Il devint alors évident que les droits des femmes seraient au cœur des travaux futurs de l’Organisation.

Les cinq conférences mondiales sur les femmes organisées par les Nations Unies, en un quart de siècle, ont été le moyen de placer la question de l’égalité entre les sexes au cœur de l’agenda mondial. Elles ont permis de grouper la communauté internationale, autour d’un ensemble d’objectifs communs, assorti d’un plan d’action effectif pour la promotion générale des femmes dans toutes les sphères de la vie publique et privée.


Le sommet de Beijing
En 1995, du 4 au 15 septembre, des milliers d’hommes et de femmes se sont rassemblés à Beijing (Chine) pour la quatrième Conférence mondiale sur les femmes. Les participants ont examiné comment la vie des femmes a changé au cours de la dernière décennie et quelles nouvelles mesures prendre pour faire en sorte que les questions qui intéressent les femmes restent au premier plan des préoccupations de la communauté internationale.Cette Conférence a permis l'adoption, par tous les participants, d' un Programme d’action visant à créer des conditions qui permettront aux femmes de réaliser au maximum leur potentiel dès l’enfance, et de concrétiser tout ce qu’elles peuvent apporter à l’édification d’un monde meilleur pour tous.
Ce Programme d’action trace, entre autres, les lignes à suivre pour donner plus de pouvoir aux femmes. Il vise à accélérer l’application des stratégies prospectives de Nairobi pour la promotion de la femme (1985) et à éliminer tous les obstacles qui empêchent les femmes de jouer un rôle actif dans tous les domaines de la vie publique et privée en participant pleinement, et sur un pied d’égalité, à la prise de décisions dans les domaines économique, social, culturel et politique. Il repose, donc, sur le principe du partage des pouvoirs et des responsabilités entre hommes et femmes dans les foyers, sur les lieux de travail et, plus largement, au sein des communautés nationales et internationales.
Le Programme d’action est établi en pleine conformité avec les buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies et du droit international. Il est reconnu que l’élaboration et la mise en application de stratégies, politiques, programmes et initiatives dans tous les domaines visés relèvent de la responsabilité de chaque pays, agissant dans le strict respect des valeurs religieuses et éthiques, du patrimoine culturel et des convictions philosophiques de tous, et en concordance avec tous les droits universels de l’homme et des libertés fondamentales.
Le Programme d’action réaffirme le principe fondamental énoncé dans la Déclaration et le Programme d’action de Vienne adoptés par la Conférence mondiale sur les droits de l’homme en 1993, selon lequel les droits fondamentaux des femmes et des fillettes font inaliénablement, intégralement et indissociablement parties des droits universels de la personne.

L’égalité des femmes et des hommes relève des droits de l’homme et c’est une condition de justice sociale; c’est aussi un préalable essentiel au développement et à la paix. Pour relever les défis du XXIè siècle et parvenir à un développement durable au service de l'individu, il est indispensable de créer un nouveau partenariat, fondé sur l’égalité des femmes et des hommes.

La fin de la guerre froide a bouleversé le panorama international et atténué la rivalité entre les superpuissances. La menace de conflit armé à l’échelon planétaire a diminué, tandis que les relations internationales s’améliorent et que s’ouvrent de nouvelles perspectives de paix entre les nations. Malheureusement, les guerres d’agression, les conflits armés, les guerres civiles, le terrorisme et la violence extrémiste continuent à dévaster de nombreuses régions du monde. Et les femmes et les enfants en sont toujours les principales victimes : meurtres, tortures, viols et combien d'autres graves violations des droits fondamentaux de la femme.

Lors de la Conférence de Beijing, les gouvernements ont pris également pris des engagements pour s’assurer que la vie quotidienne des femmes soit plus explicitement visée par les processus de planification et de prise de décisions politiques. Les organisations non gouvernementales, pour leur part, ont adopté des méthodes de travail plus sophistiqués en faveur du renforcement des droits des femmes et de la parité dans le domaine de la prise de décisions à tous les niveaux.
L’Assemblée générale des Nations Unies a demandé à tous les Etats, au système des Nations Unies et aux autres organisations internationales, aux ONG et au secteur privé, de prendre des mesures pour appliquer les recommandations adoptées à Beijing. Les mécanismes qui ont été établis pour promouvoir le statut de la femme des politiques sur l’ensemble des institutions et programmes des Nations Unies ont été renforcés.
Au sein des Nations Unies, le Secrétaire général désigna un fonctionnaire de haut rang pour servir de conseiller spécial sur les questions sexospécifiques. L’organisation se vit également confier un rôle central, celui de superviser le programme.

L’Assemblée générale des Nations Unies s’est réunie, en session extraordinaire à New York du 5 au 9 juin 2000, pour examiner, 5 ans après, le Programme d’action de Beijing. Cette session extraordinaire a eu pour thème : Les femmes en l’an 2000 : égalité entre les sexes, développement et paix pour le XXIè siècle s’est concentrée sur des exemples de bonnes pratiques, d’actions positives, d’expériences acquises et de défis majeurs qui demeurent encore.
Il résulte que, certes, beaucoup de progrès ont été réalisés dans l’application des 12 domaines critiques identifiés dans le Programme d’action de Beijing. Néanmoins de nombreux obstacles restent encore à surmonter, notamment dans les domaines suivants :
1. Femmes et pauvreté :
Les inégalités des revenus, le chômage et la féminisation de la pauvreté, particulièrement les femmes rurales, contribuent à creuser l’écart entre les hommes et les femmes. Le lourd fardeau de la dette, les dépenses militaires et les faibles niveaux d’aide au développement sapent les efforts nationaux de développement.
2. Education et formation des femmes :
Les efforts en vue de mettre fin à l’illettrisme des femmes et améliorer l’accès des filles à tous les niveaux et à tous les types d’éducation ont été limités par : le manque de ressources, la persistance des préjugés et de la discrimination contre les femmes, et par les stéréotypes portant sur les activités des femmes qui persistent dans les écoles et les communautés.
3. Les femmes et la santé :
Les progrès ont été réduits faute d’une approche globale de la santé des femmes et des filles durant toute la durée de leur vie. La faiblesse des ressources humaines et financières, l’infrastructure et la fourniture de services demeurent inadéquates dans de nombreux pays en développement..
4. La violence à l’égard des femmes :
Une mauvaise compréhension des causes de la violence à l’égard des femmes et des données inadéquates sur les diverses formes de violence sapent les efforts accomplis. Les attitudes et les valeurs socioculturelles renforcent la position subordonnée des femmes dans la société.
5. Les femmes et les conflits armés :
L’absence de femmes à tous les niveaux de décisions relatives au maintien et à la construction de la paix , à la réconciliation et à la reconstruction après un conflit présente de sérieux obstacles. Les changements dans la natures des conflits, marqués par la prise de civils pour cible et l’intervention d’acteurs non gouvernementaux, ont eu des effets néfastes sur les femmes et les filles.
6. Les femmes et l’économie :
Les bénéfices de l’économie mondialisée croissante ont été mal répartis, ce qui a augmenté les disparités économiques, généré des environnements de travail peu sûr et la persistance de l’inégalité entre les sexes dans l’économie informelle et le secteur rural. Peu de pays ont pris des mesures légales pour favoriser l’accès des femmes à la propriété de la terre et des autres biens. L’échec à reconnaître que les femmes ont un rôle à la fois productif et reproductif fait peser de plus grandes responsabilités sur les femmes, ainsi q’une plus lourde charge de travail non rémunéré.
7. Les femmes, le pouvoir et le processus de prise de décision :
Un écart subsiste entre l’égalité de droit et de fait. Les rôles traditionnellement assignés aux femmes restreignent leurs choix dans l’éducation et leur carrière et les poussent à assumer des responsabilités domestiques.
8. Les mécanismes institutionnels pour la promotion de la femme :
Le manque de ressources humaines et financières reste le principal obstacle aux mécanismes nationaux, auquel s’ajoutent la mauvaise compréhension de l’égalité entre les sexes et de l’intégration des perspectives sexospécifiques, les stéréotypes dominants et les attitudes discriminatoires, les priorités conflictuelles des gouvernements et la liaison insuffisante avec la société civile.
9. Les femmes et les droits de la personne humaine :
Il existe encore des lois discriminatoires. En outre, le code pénal etle code de la famille ne sont pas encore complètement sensibilisés aux questions relatives aux sexes. De nombreux écarts entre les lois et les règlements perpétuent la discrimination et l’inégalité de droit et de fait.
10. Les femmes et les medias
Les femmes sont trop peu nombreuses à occuper des postes décisionnaires pour avoir une influence sur la politique des médias. Les images négatives de femmes, les représentations stéréotypées et la pornographie ont augmenté dans certains endroits et certains journalistes conservent des préjugés à l’encontre des femmes. Le secteur des technologies de l’information et de la communication est fondé sur des normes masculines.
11. Les femmes et l’environnement :La prise de conscience du public des questions environnementales et des bénéfices à retirer de l’égalité entre les sexes pour la promotion de l’environnement fait encore défaut. Les politiques et les programmes pour l’environnement ne tiennent pas toujours compte des questions de sexospécificité et ne rendent pas compte du rôle et des contributions des femmes à la durabilité de l’environnement.
12. Les filles :
Les attitudes traditionnelles discriminatoires à l’égard des femmes et des filles et une conscience inadéquate de la situation des filles, notamment du fait que les responsabilités domestiques les empêchent souvent de poursuivre leur éducation, contribuent à diminuer les opportunités qu’ont les filles de devenir autosuffisantes et indépendantes.

La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes
La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, adoptée en 1979 par l’Assemblée générale des Nations Unies est souvent présentée comme une déclaration internationale des droits des femmes. En un préambule et 30 articles, elle donne une définition de la discrimination à l’égard des femmes et établit un programme national d’action visant à mettre un terme à cette discrimination.
Selon la Convention, on entend par discrimination à l’égard des femmes « … toute distinction, exclusion ou restriction fondée sur le sexe qui a pour effet ou pour but de compromettre ou détruire la reconnaissance, la jouissance ou l’exercice par les femmes, quel que soit leur état matrimonial, sur la base de l’égalité de l’homme et de la femme, des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans les domaines politique, économique, social, culturel et civil ou dans tout autre domaine.
En reconnaissant la Convention, les Etats s’engagent à rendre une série de mesures pour mettre fin à toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes. Ces mesures consistent notamment à :
Inscrire dans leur système juridique le principe de l’égalité des hommes et les femmes, abroger toutes les lois discriminatoires et adopter des lois interdisant toute discrimination à l’égard des femmes ;
Etablir des tribunaux et d’autres institutions publiques pour garantir la protection effective des femmes contre la discrimination :
Assurer l’élimination de tous les actes de discrimination à l’égard des femmes commis par des personnes, des organisations ou des entreprises.

FEMMES

Les femmes de réconfort (en japonais : 慰安婦 Ian-fu) furent des femmes, en majorité asiatiques, contraintes de se prostituer pour l'armée impériale japonaise et la marine impériale japonaise durant la Seconde Guerre mondiale.
À la suite du massacre de Nankin en 1937 et du tollé international qui s'en suivit, le quartier-général impérial entreprit de mettre en œuvre une façon de limiter les tensions causées par les viols, extrêmement nombreux, commis par les soldats showa dans les territoires conquis.
L'objectif était également de maintenir le moral des troupes et de les protéger des maladies vénériennes (en imposant l'usage du préservatif dans les maisons closes). Pour atteindre ce but, il fallait donc s'assurer en permanence de la disponibilité d'un nombre suffisant de prostituées.
Sous l'ordre de Hajime Sugiyama, ministre de l'Armée, et du prince Kotohito Kan'in, chef d'état-major et grand-oncle de Hirohito, l'Armée procéda à l'implantation en zone occupée de centres de délassement ou maisons de confort (en réalité des maisons closes à ne pas confondre avec les BMC français (bordel militaire de campagne) similaires à ceux mis en place en 1932 lors de la campagne de Shanghai par le général Yasuji Okamura. Selon les travaux de l'historien Zhiliang Su, au moins 149 maisons furent établies dans cette ville.
Elles étaient dirigées soit par l'armée ou la marine, soit par les gouvernements locaux ou encore par des particuliers.
Les dirigeants touchaient une part sur le prix des passes. Assez souvent les femmes ne recevaient rien, bien qu'une rémunération soit prévue par les règlements de l'armée japonaise. Ces règlements interdisaient aussi les armes et l'alcool.
Les dirigeants japonais avaient fixé des règles de fonctionnement, comme les heures d'ouverture (de 9h à minuit, tous les jours de la semaine), les jours de repos (2 jours par mois lors des menstruations), les désinfections des chambres, les visites médicales ou encore le traitement des femmes atteintes de maladies vénériennes (traitement qui dans la pratique consistait à les abandonner ou à les tuer).
Les femmes "recrutées" étaient généralement jeunes et célibataires. La majorité d'entre elles provenant au départ de Corée, de Tai Wan et de Chine. L'Armée était réticente à employer des japonaises en raison de rôle de "reproductrice" qui leur était dévolu par la politique impériale.
De faux recrutements de serveuses ou d'ouvrières furent organisés, afin d'enrôler de nouvelles femmes. La tromperie ne suffisant pas, des enlèvements furent organisés (voir plus bas). Des Japonaises furent également trompées, par l'intermédiaire de la création du Corps des femmes volontaires, officiellement destiné à assurer la main-d'œuvre des usines. La police militaire (Kempeitai) assurait le recrutement en forçant généralement les chefs de village des territoires occupés à regroupre toutes les jeunes femmes et poursuivait les jeunes femmes désignées volontaires qui s'échappaient.
Les travaux de Yoshiaki Yoshimi, professeur à l'université Chûô, montrent la forte implication des administrations japonaises, non seulement celles de l'armée et de la Kôa-in, mais aussi celles des ministères de l'Intérieur, du Travail et des Finances. Ils établissent après analyse des documents de l'armée shōwa, que celle-ci avait constitué de 1938 à 1945 environ 2000 maisons de confort, dont notamment un centre de délassement de 1 000 femmes pour une armée de 100 000 hommes, en avril 1939, à Kwandong en Chine. Yoshimi a entre autres retrouvé une direcive du 4 mars 1938 transmise par l'adjudant des chefs d'état-major de l'armée de Chine du nord et du corps expéditionnaire de Chine intitulée "Concernant le recrutement des femmes pour les maisons de comfort militaires", déclarant que "les armées sur le terrain contrôleront le recrutement des femmes».
Selon Yoshimi, les femmes provenaient de l'ensemble des territoires conquis comme les Philippines, l'Indochine, la Birmanie les Indes néerlandaises et Singapour mais en majorité de la Corée et de la Chine. Certaines d'entre elles furent donc des prisonnières d'origine australienne ou néerlandaise.
Pour l'historien Ikuhito Hata, professeur à l'université Nihon et l'une des figures de proue de l'organisation de censure Tsukurukai, l'administration collaborationniste coréenne a été la principale responsable du recrutement trompeur de jeunes filles.
Pour le nombre des femmes, plusieurs estimations ont été faites :
Yoshiaki Yoshimi a estimé leur nombre à au plus 200 000 au total ;
La Korean Central News Agency propose le chiffre de 200 000 pour les seules Coréennes.
Selon Ikuhiko Hata, le nombre total des femmes de réconfort était 20 000 (40 % de Japonaises, 20 % de Coréennes, 10 % de Chinoises, le restant étant composé de Taïwanaises, Indonésiennes, Vietnamiennes, et Philippines).
Concernant les conditions de vie, il y a plusieurs témoignages différents. Selon quelques anciennes femmes de réconfort, bien que les dirigeants japonais aient fixé des règles, leur priorité n'était bien évidemment pas la santé et les conditions de vie des femmes, mais celles des soldats japonais.
Elles décrivent donc des conditions de vie assimilables à l'esclavage : elles appartenaient à leurs maisons closes. Elles devaient pratiquer l'abattage, c'est-à-dire satisfaire jusqu'à 70 clients par jour. Elles étaient souvent battues, torturées ou même mutilées par les soldats. Certaines d'entre elles étaient même exécutées purement et simplement parce que le soldat n'était pas satisfait. Certaines qui ont essayé de s'échapper ont été battues, parfois à mort. On peut rapprocher ces traitements de ceux présentés dans le film Le Pont de la rivière Kwaï.
L'une des victimes d'origine coréenne confia aux enquêteurs internationaux avoir maintes fois craint pour sa vie. «J'ai été presqu'assassinée à plusieurs reprises pendant mon séjour comme "femme de réconfort". Il y avait des soldats qui étaient saoûls et qui brandissaient leurs sabres vers moi pendant qu'ils me faisaient leurs demandes de perversions sexuelles...Les menaces qu'ils faisaient étaient explicites : Ils me tueraient si je ne coopérais pas.»
Selon le témoignage de quinze victimes d'un réseau de prostitution implanté en 1942 au Timor oriental par la marine impériale japonaise, les prostituées, dont certaines étaient prépubères, ont été forcées de travailler sans salaire, les vêtements et la nourriture devant même leur être fournis par leurs parents. Ces propos sont confirmés par divers témoins dont un ancien chef de village s'étant fait ordonner par des militaires de trouver des jeunes femmes pour ce type de réseau.
L'enlèvement des femmes par l'armée impériale est aujourd'hui un des aspects les plus sujets à débat dans l'histoire des femmes de réconfort. Le premier témoignage était celui de Yoshida Seiji (voir la rubrique La reconnaissance).
Des documents retrouvés dans les archives du Tribunal de Tokyo, rendus public lors des procès et retrouvés en 2007 par Yoshiaki Yoshimi et Hirofumi Hayashi, démontrent que des membres de la Tokeitai, la police militaire navale, ont enlevé des femmes en Chine, en Indochine et en Indonésie pour les forcer à passer un examen médical et les ont expédié ensuite dans des maisons de confort.
Le 12 mai 2007, le journaliste Taichiro Kaijimura a annoncé la découverte, dans les archives du gouvernement néerlandais, de trente documents officiels soumis au Tribunal de Tokyo comme preuve d'un incident de prostitution de masse à Magelang, Indonésie, en 1944. Selon le journaliste, ces documents démontrent de façon claire que les femmes ont été enlevées par l'armée shôwa et contraintes à la prostitution dans des maisons de confort.
Lors d'un témoignage sur son expérience au front, le vétéran de l'armée shôwa Yasuji Kaneko, a raconté que les femmes "pleuraient mais peu nous importait si elles vivaient ou mouraient. Nous étions les soldats de l'empereur. Que ce soit aux bordels militaires ou dans les villages, nous violions sans aucune réticence."
Par ailleurs, le 4 mars 1938, l'armée japonaise fit passer la circulaire, nommé Gun ian-jo jungyô-fu tô boshû ni kansuru ken (L'affaire concernant le recrutement des femmes de réconfort), demandant au chef d'état-major de faire attention aux proxénètes qui pratiquaient les enlèvements.
En 1982, un Japonais Yoshida Seiji a raconté dans une conférence son expérience de l'enlèvement des femmes. C'était le premier témoignage du côté japonais. L'année suivante, il a publié son ouvrage Watashi no sensô hanzai (Mon crime de guerre). C'est cet ouvrage qui a popularisé le problème des femmes de réconfort avec l'aide du journal Asahi Shimbun. Pourtant, en 1996, Yoshida a avoué que l'enlèvement raconté était une fiction, sans renier sa participation aux razzias de femmes coréennes.
C'est en 1991 que le scandale éclata véritablement, avec la demande d'une procédure judiciaire contre le Japon par une ancienne femme de réconfort, Kim Hak Sun. Depuis de nombreuses autres femmes ont porté plainte (ainsi que certains pays comme la Corée du Sud). Cependant, comme indiqué dans la rubrique l'enlèvement des femmes, il y a beaucoup de contradictions dans leurs témoignages.
La publication en 1992 des travaux de l'historien Yoshiaki Yoshimi portant sur des documents saisis par les alliés en 1946 et entreposés à la bibliothèque du National Institute for Defense studies de Tokyo établit finalement un lien tangible entre l'armée shōwa et les maisons de confort.
Le contenu de ces travaux fut rapporté par certains médias japonais le 12 janvier 1993. En réaction, le gouvernement japonais reconnu le jour même, par l'entremise de Kato Koichi, l'implication de l'armée shōwa dans l'implantation des maisons de confort. Le 17, ce fut au tour du premier ministre Ki'ichi Miyazawa de s'excuser lors d'un voyage en Corée du Sud. Le gouvernement procéda ensuite à certaines auditions et émit le 4 août 1993 une déclaration par laquelle il reconnaissait entre autre que l'armée shōwa était « directement ou indirectement impliquée » dans l'implantation et la gestion des maisons de confort et que les femmes étaient recrutées « dans bien des cas contre leur gré ».
Le 1 mars 2007, le premier ministre Shinzo Abe, se prononçant sur le projet de résolution d'appui aux victimes présenté au Congrès américain, a nié l'implication de l'armée shôwa dans l'enlèvement physique des femmes en déclarant «Le fait est qu'il n'y a pas de preuve qu'il y avait eu usage de contrainte». Le député Nariaki Nakayama a quant à lui fait valoir qu'on « peut comparer ces bordels à des cafétérias dirigées par des compagnies privées qui recrutent leurs propres employés, offrent la nourriture et fixent leurs prix. Mais affirmer que les femmes ont été contraintes par les militaires japonais en service est à côté de la coche. Ce dossier doit être reconsidéré, pour le bien de l'honneur du Japon. ».
Le 17 avril 2007, les historiens Hirofumi Hayashi et Yoshiaki Yoshimi déclarèrent avoir trouvé dans les archives du Tribunal de Tokyo sept documents relatifs à des témoignages de membres de la la marine shōwa confessant avoir arrêté des civiles indonésiennes sous de faux prétextes ou se référant à des membres de la Tokeitai ayant enlevé des chinoises, des indonésiennes et des hollandaises pour en faire des esclaves sexuelles.
Le 26 juin 2007, le Comité des Affaires étrangères de la Chambre des représentants des États-unis a adopté une résolution demandant entre autres au Japon de "reconnaître formellement, de s'excuser et d'accepter sa responsabilité historique d'une façon claire et sans équivoque pour la contrainte employée par ses militaires afin de forcer des femmes à l'esclavage sexuel pendant la guerre."
En 1996, une juriste sri lankaise, Radhika Coomaraswamy, a présenté son rapport sur l'esclavage militaire pendant la guerre à la Commission des droits de l'homme des Nations Unies. Deux ans après, une rapporteuse spéciale américaine, Gay McDougal, a présenté son rapport à propos des femmes de réconfort (étant l'annexe et son rapport principal est sur le viol en Yougoslavie) qui recommande au Japon de :
reconnaître pleinement sa responsabilité dans l'instauration du système de réconfort et reconnaître que ce système violait le droit international ;
présenter des excuses complètes et honnêtes, en assumant sa responsabilité légale et en offrant des garanties pour que ces crimes ne se répètent jamais ;
Indemniser, par l'entremise du gouvernement, les victimes et les survivantes et celles qui ont droit à une indemnisation par suite des violations déclarées aux présentes, avec des montants suffisants pour réparer le tort causé et empêcher qu'il se reproduise ;
mettre en place un mécanisme d'enquête rigoureux sur le système d'esclavage sexuel militaire, rendre ce mécanisme accessible à la population et assurer la préservation historique de la documentation ;
envisager, en consultation avec les survivantes, l'établissement d'une Commission de la vérité et de la réconciliation qui créera un dossier historique des crimes sexospécifiques commis pendant la guerre, la période de transition et l'occupation ;
reconnaître les victimes et les survivantes et leur rendre hommage par la création de monuments commémoratifs, d'un musée et d'une bibliothèque consacrés à leur mémoire et par la promesse que de tels crimes ne se produiront jamais plus ;
créer des projets éducatifs, tant formels qu'informels, comme l'inclusion de ce chapitre de l'histoire dans des manuels à tous les niveaux et l'appui aux universitaires et aux écrivains pour leur permettre d'informer la population, en particulier les jeunes et les générations futures, sur les violations commises et les souffrances subies ;
appuyer des initiatives de formation en matière de relation entre le système d'esclavage militaire et l'inégalité des sexes, et des préalables nécessaires pour assurer l'égalité des sexes et le respect de l'égalité pour les peuples de la région ;
rapatrier les survivantes qui souhaitent l'être ;
rendre publics tous les documents et autre matériel en sa possession au sujet des postes de réconfort ;
identifier et juger les principaux responsables de l'établissement et du recrutement des postes de réconfort ;
retrouver et rendre aux familles ou aux personnes proches qui le souhaitent les restes des femmes mortes pendant cette période.
Ces deux rapports n'ont pas été adoptés par l'ONU.
C'est le tribunal international des femmes pour la répression des crimes de guerre qui a véritablement fait avancer les choses sur le plan international.
Ce tribunal fut mis en place principalement par des groupes de féministes et d'ONG. Il se déroula du 8 au 12 décembre 2000 à Tōkyō. Il avait pour but de traiter de la condition des femmes durant les conflits et de faire reconnaître le viol comme un crime contre l'humanité. À cette occasion, de nombreux témoins et victimes ont pu témoigner, et des preuves ont été présentées. Le cas des femmes de réconfort fut une partie importante du procès. Les conclusions du Tribunal reconnaissent l'empereur Shōwa (Hirohito) comme l'un des principaux responsables de l'établissement de ces maisons closes, et demandent au Japon de reconnaître et de faire des excuses aux victimes publiquement. Cependant, malgré son nom, le Tribunal n'a aucune validité.
Le Tribunal recommande de plus que les anciennes nations alliées :
rendent immédiatement publics tous les dossiers militaires et gouvernementaux sur l'établissement et le fonctionnement du système de réconfort ainsi que les raisons pour lesquelles ces crimes n'ont pas été jugés par le Tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient (TMIEO) ;
rendent immédiatement publics tous les dossiers militaires et gouvernementaux sur l'impunité de l'empereur Shōwa devant le TMIEO ;
reconnaissent le fait qu'elles-mêmes n'ont entrepris ni enquête, ni poursuite contre les crimes commis contre les anciennes femmes de réconfort dans le cadre des procès intentés après la guerre et depuis les 55 dernières années.
Le Tribunal recommande en outre que les Nations unies et tous les États qui en sont membres :
Prennent toutes les mesures nécessaires pour faire en sorte que le gouvernement du Japon accorde pleine et entière réparation aux victimes, aux survivantes et à celle qui ont droit à l'indemnisation suite aux violations commises contre elles.
demandent l'opinion de la Cour Internationale de Justice quant à l'illégalité des anciens postes de réconfort et à la responsabilité du gouvernement du Japon dans ce dossier.
Quoique ces conclusions soient appréciées par les féministes et quelques médias, les conservateurs les critiquent en raison de leur injustice. Les accusés n'y étaient ni présents (tous morts), ni défendus. Les opposants au Tribunal n'ont pas pu assister à une audience. De plus, les preuves et les documents n'ont pas été objectivement vérifiés. C'est pourquoi, d'après les opposants, cela n'a été qu'une réunion.

MARTIN LUTHER KING'S NOBEL PRICE FOR PEACE

Decembre, the 10th1964. Oslo


« I accept the Nobel Prize for Peace at a moment when twenty-two million Negroes of the United States of America are engaged in a creative battle to end the long night of racial injustice. I accept this award in behalf of a civil rights movement which is moving with determination and a majestic scorn for risk and danger to establish a reign of freedom and a rule of justice. »
« I am mindful that only yesterday in Birmingham, Alabama, our children, crying out for brotherhood, were answered with fire hoses, snarling dogs and even death. I am mindful that only yesterday in Philadelphia, Mississippi, young people seeing to secure the right to vote were brutalized and murdered. And only yesterday more than 40 houses of worship in the State of Mississippi alone were bombed or burned because they offered a sunctuary to those who would not accept segregation. I am mindful that debilitating and grinding poverty afflicts my people and chains them to the lowest rung of the economic ladder. »
« Therefore, I must ask why this prize is awarded to a movement which is beleaguered and committed to unrelenting struggle ; to a movement which has not won the very peace and brotherhood which is the essence of the Nobel Prize. After contemplation, I conclude that this award which I receive on behalf of that movement is profound recognition that nonviolence is the answer to the crucial political and moral question of our time — the need for man to overcome oppression and violence without resorting to violence and oppression. »
« Civilization and violence are antithetical concepts. Negroes of the United States, following the people of India, have demonstrated that nonviolence is not sterile passivity, but a powerful moral force which makes for social transformation. Sooner or later all the people of the world will have to discover a way to live together in peace, and thereby transform this pending cosmic elegy into a creative psalm of brotherhood. »
« If this is to be achieved, man must evolve for all human conflict a method which rejects revenge, aggression and retaliation. The foundation of such a method is love. The tortuous road which has led from Montgomery, Alabama, to Oslo bears witness to this truth. This is a road over which millions of Negroes are travelling to find a new sense of dignity. »
« This same road has opened for all Americans a new era of progress and hope. It has led to a new Civil Rights bill, and it will, I am convinced, be widened and lengthened into a superhighway of justice as Negro and white men in increasing numbers create alliances to overcome their common problems. »
« I accept this award today with an abiding faith in America and an audacious faith in the future of mankind. I refuse to accept despair as the final response to the ambiguities of history. I refuse to accept the idea that the "isness" of man’s present nature makes him morally incapable of reaching up for the eternal "oughtness" that forever confronts him. I refuse to accept the idea that man is mere flotsom and jetsom in the river of life unable to influence the unfolding events which surround him. I refuse to accept the view that mankind is so tragically bound to the starless midnight of racism and war that the bright daybreak of peace and brotherhood can never become a reality. »
« I refuse to accept the cynical notion that nation after nation must spiral down a militaristic stairway into the hell of thermonuclear destruction. I believe that unarmed truth and unconditional love will have the final word in reality. This is why right temporarily defeated is stronger than evil triumphant. I believe that even amid today’s motor bursts and whining bullets, there is still hope for a brighter tomorrow. I believe that wounded justice, lying prostrate on the blood-flowing streets of our nations, can be lifted from this dust of shame to reign supreme among the children of men. »
« I have the audacity to believe that peoples everywhere can have three meals a day for their bodies, education and culture for their minds, and dignity, equality and freedom for their spirits. I believe that what self-centered men have torn down, men other-centered can build up. I still believe that one day mankind will bow before the altars of God and be crowned triumphant over war and bloodshed, and nonviolent redemptive goodwill will proclaim the rule of the land. "And the lion and the lamb shall lie down together and every man shall sit under his own vine and fig tree and none shall be afraid." I still believe that we shall overcome. »
« This faith can give us courage to face the uncertainties of the future. It will give our tired feet new strength as we continue our forward stride toward the city of freedom. When our days become dreary with low-hovering clouds and our nights become darker than a thousand midnights, we will know that we are living in the creative turmoil of a genuine civilization struggling to be born. Today I come to Oslo as a trustee, inspired and with renewed dedication to humanity. I accept this prize on behalf of all men who love peace and brotherhood. I say I come as a trustee, for in the depths of my heart I am aware that this prize is much more than an honor to me personally. » « Every time I take a flight I am always mindful of the man people who make a successful journey possible — the known pilots and the unknown ground crew. »
So you honor the dedicated pilots of our struggle who have sat at the controls as the freedom movement soared into orbit. You honor, once again, Chief (Albert) Luthuli of South Africa, whose struggles with and for his people, are still met with the most brutal expression of man’s inhumanity to man. « You honor the ground crew without whose labor and sacrifices the jet flights to freedom could never have left the earth. »
« Most of these people will never make the headlines and their names will not appear in Who’s Who. Yet when years have rolled past and when the blazing light of truth is focused on this marvelous age in which we live — men and women will know and children will be taught that we have a finer land, a better people, a more noble civilization — because these humble children of God were willing to suffer for righteousness’ sake. »
MARTIN LUTHER KING, JR.
« I think Alfred Nobel would know what I mean when I say that I accept this award in the spirit of a curator of some precious heirloom which he holds in trust for its true owners — all those to whom beauty is truth and truth beauty — and in whose eyes the beauty of genuine brotherhood and peace is more precious than diamonds or silver or gold".

DISCOUR DU DALAI LAMA













DISCOUR SUR LA PAIX DANS LE MONDE







« Alors que nous abordons les dernières années de ce vingtième siècle et que nous commémorons le trente-huitième anniversaire du soulèvement national du peuple tibétain, l’humanité, de toute évidence, a atteint un point critique de son histoire. Le monde se réduit de jour en jour, et devient de plus en plus interdépendant. Une nation aujourd’hui ne peut plus résoudre ses problèmes par elle-même. Sans un sens de responsabilité à l’échelle de l’univers, notre avenir même est en danger.
Répondre aux problèmes de notre temps : militarisation, développement, environnement, démographie et recherche constante de nouvelles sources d’énergie et de matières premières, réclame autre chose que des actions au coup par coup et des solutions à court terme. Le développement scientifique moderne avait, jusqu’ici, contribué à résoudre les problèmes de l’humanité. Mais cela ne suffit plus. Pour s’attaquer efficacement à ces questions d’ordre planétaire, il est nécessaire aujourd’hui non seulement de développer l’aspect rationnel de l’esprit humain mais aussi de cultiver ses autres remarquables facultés : sa puissance d’amour, de compassion et de solidarité.
Une nouvelle façon de penser est devenue la condition nécessaire à quiconque veut vivre et agir en être responsable. Si nous continuons à croire en des valeurs dépassées, si nous conservons une conscience fragmentée et un esprit centré sur soi, nous nous retrouverons bientôt poursuivant des buts qui ne sont plus d’actualité et nous comportant de manière obsolète. Partagée par un grand nombre, une telle attitude bloquerait tout passage à une société globale interdépendante et, cependant, pacifique et coopérative.
Nous devons tirer les leçons de l’expérience acquise. Si nous examinons le développement qui s’est opéré au cours du vingtième siècle, on constate que la souffrance de l’homme, la perte de sa dignité, sa privation de liberté et de paix, ont pour cause déterminante la prééminence donnée à la violence pour résoudre les différends et les conflits. D’une certaine façon, on pourrait appeler notre siècle, le siècle de la guerre et du sang versé. Le défi qui se pose à nous est donc de faire des années à venir un siècle où les conflits seront résolus dans le dialogue et la non-violence.
Des différences d’opinions et des divergences d’intérêts existeront toujours dans les sociétés humaines. Mais aujourd’hui, la réalité montre que nous sommes tous interdépendants et que la petitesse même de la planète nous contraint à la coexistence. La seule manière, raisonnable et intelligente, de résoudre les différends et les conflits, que ce soit entre les personnes ou entre nations, est donc la recherche du dialogue. Développer le dialogue et la non-violence dans tout ce qui engage l’avenir de l’humanité est le devoir majeur de la communauté internationale. Les gouvernements ne peuvent plus se contenter de souscrire au principe de non-violence, ou de le défendre, sans mette en oeuvre des actions aptes à le promouvoir.
Fort de ces convictions, j’ai conduit le peuple tibétain, dans sa lutte pour la liberté, sur la voie de la non-violence et j’ai recherché, avec les dirigeants chinois, une solution mutuellement acceptable à la question tibétaine par la voie de négociations menées dans un esprit de réconciliation et de compromis. Inspirés par le message de non-violence et de compassion du Bouddha, nous avons cherché à respecter toute forme de vie et avons renoncé à la guerre comme instrument de politique nationale. Pour nous, Tibétains, la voie de la non-violence est une question de principe. Et je suis convaincu qu’à long terme, cette approche est la voie la plus réaliste et celle qui présente le plus d’avantages.
Alors que nous commémorons l’anniversaire du soulèvement du peuple tibétain, nous constatons que cette année encore a vu l’escalade de la répression au Tibet, où les autorités chinoises continuent à commettre de graves manquements aux droits de l’homme et cela, sur une vaste échelle.
Depuis qu’en avril dernier, les dirigeants chinois ont lancé leur campagne « Frapper fort », les Tibétains sont soumis à un nombre croissant de tortures et d’emprisonnements pour n’avoir fait qu’exprimer de façon pacifique leurs aspirations politiques. La rééducation politique menée par les autorités chinoises dans les monastères et les couvents dans tout le Tibet, a conduit à des expulsions, des emprisonnements et des morts en grand nombre. Je ne cesse d’être inquiet aussi sur le sort de Gedhun Choekyi Nyima, ce jeune garçon que j’ai reconnu comme XIème Panchen Lama et dont nous sommes toujours sans nouvelles.
L’an dernier, la Chine, feignant de respecter l’ancien héritage religieux et culturel du Tibet, a lancé une vaste réforme de sa politique religieuse. Selon cette ligne politique, « le Bouddhisme doit se conformer au socialisme et non le socialisme au Bouddhisme ». Sous prétexte que la religion aurait une influence néfaste sur le développement économique du Tibet, la nouvelle politique a choisi de saper et de détruire systématiquement ce qui fait la particularité du peuple tibétain : son identité culturelle et nationale.
De nouvelles mesures ont été introduites afin de restreindre l’usage de la langue tibétaine dans les écoles. A Lhassa, l’Université Tibétaine a même été contrainte, dans le département de langue tibétaine, d’enseigner en chinois l’histoire du Tibet. Dans le premier cycle du secondaire, les écoles expérimentales de langue tibétaine, mises en place dans les années 80 avec l’encouragement et le soutien actif du défunt Panchen Lama, ferment actuellement leurs portes. Ces écoles donnaient beaucoup de bons résultats et étaient hautement appréciées des Tibétains.
A ces mesures d’éradication de la culture, de la religion et de l’éducation s’ajoute l’afflux toujours aussi massif d’immigrants chinois au Tibet - avec pour effet de dissoudre son identité culturelle et religieuse et de réduire la population tibétaine à une minorité insignifiante dans son propre pays - ce qui équivaut à une politique de génocide culturel. Aujourd’hui, dans la majeure partie des villes et des cités, les Tibétains sont presque marginalisés. Si on laisse se perpétuer ce transfert de population, la civilisation tibétaine, dans quelques décennies, aura cessé d’exister.
Dans leur grande majorité, les Tibétains ont réagi pacifiquement à toutes ces mesures répressives et je crois, pour ma part, que tout peuple a le droit de protester pacifiquement contre l’injustice. Cependant, des rapports récents font état au Tibet d’incidents isolés comportant des attentats à la bombe. C’est un sujet qui me préoccupe beaucoup. Je persiste cependant à conseiller la non-violence mais, à moins que le gouvernement chinois ne renonce à ses méthodes brutales, il sera difficile d’éviter que la situation au Tibet ne se dégrade davantage.
En tant que Tibétain, je considère comme particulièrement important de me faire entendre du peuple chinois, qu’il soit de Chine ou d’ailleurs. Il est de l’intérêt du peuple tibétain, comme du peuple chinois, que s’établisse entre nous une compréhension plus profonde. Je suis convaincu qu’il est très important de développer des liens sincères pour créer un climat qui conduise à une compréhension humaine, à un respect mutuel et à la paix.
Le dialogue de peuple à peuple qui s’est engagé récemment entre Tibétains et Chinois, favorise une meilleure compréhension réciproque de nos problèmes et de nos intérêts. La communion d’idées, le soutien et la solidarité que nous manifestent nos frères et soeurs chinois, tant en Chine qu’au-delà des mers, devant la situation critique que connaît le peuple tibétain et pour la défense de ses droits fondamentaux, sont pour nous Tibétains une source particulière d’encouragement et d’inspiration.
La disparition récente de M. Deng Xiaoping est une grande perte pour la Chine. Je l’avais rencontré personnellement. M. Deng Xiaoping avait pris l’initiative d’établir un contact direct avec nous pour que s’instaure un dialogue en vue de résoudre le problème tibétain. Malheureusement, des négociations sérieuses n’ont pu être engagées de son vivant. J’ai le sincère espoir que le dirigeant chinois qui lui succédera trouve le courage, la sagesse et la vision nécessaires à de nouvelles ouvertures afin de résoudre la question tibétaine par des négociations.
L’ère nouvelle qui commence dans la Chine moderne est une occasion favorable à un changement constructif et à un développement positif. La récente répression militaire qui a eu lieu au Turkestan oriental (Xinjiang) visant à étouffer les manifestations du peuple ouïghour, et les violences qui ont suivi, sont des événements tristement tragiques. Il en va au Turkestan oriental comme au Tibet : une solution durable et pacifique ne peut être trouvée que par la voie du dialogue. Le gouvernement chinois doit faire face à une tâche importante : opérer en douceur la transition de Hong Kong et appliquer, à la lettre et dans l’esprit, ce concept pragmatique et sage : « un pays, deux systèmes ». Une approche constructive à ces questions fournit d’importantes occasions de créer un climat politique de confiance et d’ouverture, sur le plan intérieur comme sur le plan international.
Le Tibet connaît un soutien international grandissant, signe que tout homme, par essence, comprend la souffrance d’autrui et s’en sent solidaire et signe également du prix que chacun, dans le monde, accorde à la vérité et à la justice. Faire du soutien au Tibet un complot des puissances occidentales contre la Chine, c’est se soustraire à la vérité par convenance politique. C’est regrettable car un tel paravent mental continuera d’empêcher que se dessine une approche constructive susceptible de résoudre le problème.
Je dirai, pour finir, que c’est au peuple tibétain et au peuple chinois de trouver une solution mutuellement acceptable à la question tibétaine. Gardant cette réalité à l’esprit, nous avons poursuivi avec constance nos tentatives de dialogue avec les dirigeants chinois à Beijing. Cependant, leur refus d’écouter et de reconnaître les véritables griefs de notre peuple nous a conduits à n’avoir plus d’autre choix que de soumettre notre cause légitime et juste à l’appréciation de la communauté internationale.
Le peuple tibétain a montré un remarquable esprit d’endurance, de courage et de patience face à la plus brutale des répressions. J’exhorte mes compatriotes à continuer de résister aux actions violentes que la frustration et le désespoir leur suggéreraient comme moyen de protestation contre l’injustice et la répression. Si nous nous laissions aller à la haine, au désespoir et à la violence, nous nous abaisserions nous-mêmes au niveau de nos oppresseurs.
Leur méthode est l’intimidation, la coercition et l’usage de la force. La nôtre est la foi en la vérité, la justice et la raison et en notre choix de nous en remettre à elles. Cette différence est notre arme la plus efficace. Dans cette période difficile, nous sommes appelés à faire montre de plus de détermination, de sagesse et de patience.
Avec mes hommages et mes prières aux hommes et femmes braves qui sont morts pour la cause de la liberté du Tibet.»